Faire du neuf avec des vieux
Le plagiat est une vilaine chose toute honteuse qui devrait rendre le plus bel éphèbe de la création hideusement rabougri et la plus fraiche des nymphes à sa version nonagénaire sans mascara et tout particulièrement badigeonnée de rouge à lèvres vermillon.
Pourtant le plagiat n’est rien d’autre que le recyclage des temps modernes. Personne encore n’a mieux réussi dans l’entreprise de textes que celui qui s’est inspiré d’un précédent collègue pour pousser la réflexion un peu plus loin.
Bon nombre de critiques s’offusquent après la quatrième virgule d’un roman de cinq cent pages pensant avoir enfin repéré le tic flagrant de Max Duschmoll de l'académie de la Pine enchantée ou de Simon Machinchouette qui mettait lui-même quatre virgules avant le conditionnel du verbe enfilerunemoucheenpleinvol qui reste là aussi une autre de ses grandes appropriations.
Pour ma part, en général, je songe toujours à oublier ce que je viens soigneusement de lire et ce que je viens de voir et ce que je viens d’entendre en espérant échapper au syndrome du remuage de cheveux et du découvrage de pou dans la tête.
Et même bien au contraire, j’encourage tous les pilleurs de tombeaux et les retourneurs de vestiges à venir racler les sépultures de tous ces auteurs au cas où une parcelle de leur patrimoine n’aurait pas été encore exploitée, détournée, récupérée et j'en passe. A tous les complexés de la plume, je conseille d’apprendre à écrire à la manière de.
Il vaut toujours mieux dix tacherons qui tentent de pomper le grand Buk qu’un branleur qui s’ingénie à devenir Marc Levy.
Dieu reconnaitra les siens comme on dit.
La littérature pour les nuls : Mixer vos anecdotes de cul, de bar, de chômage sur un mode glauque et nihiliste, mélanger. Bravo, vous venez d'entrer dans le club des adorateurs du Maître.
